Matin d 'hiver
Matin hivernal, soleil froid, lumière qui traverse ma fenêtre. Une tasse de café encore fumante, mon carnet à côté… Asseyez-vous avec moi. Tout est là.
Une idée germe, une image naît, un personnage se dessine, une voix résonne. Ou tout simplement une émotion surgit, le souvenir d’un rêve, une envie de raconter. Quoi exactement ? Je ne le sais pas toujours. Mais je prends mon stylo, et les mots arrivent. Parfois maladroits, désordonnés, balbutiants, parfois impérieux, précis. Je les suis. J’y vais. C’est parti. C’est l’écriture.
Je vais peut-être m’arrêter dans dix minutes. Ou dans trois heures. Je ne le sais pas. Quand j’écris, je suis un fil mystérieux et souterrain, avec la peur de le perdre. Ce n’est jamais acquis.
Alors j’ai pris l’habitude de préparer le terrain ; mon carnet m’accompagne, je capte tout ce que je vois, j’entends, je suis une voleuse d’instants, je prends des notes sur tout et rien. Il m’arrive ainsi de retrouver des mois après des impressions jetées à la volée, et de les intégrer dans une histoire en cours.
Mon matériau, c’est la vie dans tous ses états.
Un peu dans l’esprit de ces mots d’un poème de Gaëlle Josse dans son recueil Et recoudre le soleil :
au jardin jeter une poignée de graines
la part de la terre
la part des oiseaux
et attendre ce qui est à venir
Merci de vous être assis.e un instant à ma table !
