La nouvelle, ce « petit » monde à explorer
Vous l’avez compris : j’aime particulièrement la nouvelle. En lire comme en écrire. D’ailleurs, je ne suis pas peu fière d’être éditée par Quadrature, une maison d’édition reconnue dédiée à la nouvelle et qui a fêté l’an dernier ses vingt ans d’existence et de succès.
Je me souviens d’un vendeur d’une grande librairie qui, alors que je lui demandais s’il y avait un rayon dédié à la nouvelle, m’a renvoyée avec un geste vague : « Allez voir au rayon ados…» Quelle méconnaissance de ce genre littéraire si foisonnant ! Quantité d’écrivain.e.s s’en sont emparés avec brio. Elle se réinvente sans cesse : elle est micro-fiction, chronique sociale, récit poétique ou policier, aventure fantastique…
Annie Saumont, grande auteure de nouvelles (entre autres) reconnaissait qu’elle mettait parfois des années à finaliser un texte. Dans la nouvelle en effet, chaque mot compte, et aucun mot n’est de trop.
Loin d’être le brouillon d’un roman ou une forme inachevée, ce format court et percutant a tout d’un grand. Il va à l’essentiel : il saisit l’immense dans le minuscule, l’universel dans le particulier, le permanent dans l’éphémère. J’aime cette immédiateté, cette capacité à surprendre, à montrer, à émouvoir en un temps très concentré. À dessiner un monde en un instant, et à le déposer dans l’esprit du lecteur, où il continuera de grandir…
Une de mes amies m’avait confié qu’elle emportait avec elle mon recueil, et que la lecture d’une nouvelle correspondait exactement au temps de son trajet en bus. Le quotidien, c’est aussi la place de la littérature !
Il n’est donc pas étonnant qu’une maison d’édition comme 49 Pages voie le jour, consacrée entièrement au court, si vivant et si varié. On lui souhaite plein de lectrices et lecteurs !
Et si vous avez un peu de temps devant vous, entamez les premières lignes d’une nouvelle : entrez, lisez, et laissez-la vous surprendre !
