Histoire d’un chien mapuche, récit de Luis Sepulveda

Livre jeunesse Histoire d'un chien mapuche

Voici mon avis sur ce beau conte ancré dans une légende sud-américaine, au sein du peuple Mapuche.

Luis Sepulveda est auteur notamment de Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler, Histoire d’un escargot qui découvrit l’importance de la lenteur et Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis.

La préface de Histoire d'un chien mapuche

La préface du livre donne déjà le ton. C’est avec émotion que Luis Sepulveda parle de cet engagement moral qu’il entretient avec son peuple. Il nous raconte sa vocation d’écrivain née dans le lointain Chili, grâce aux histoires narrées par son grand-oncle mapuche.

L’émotion est déjà palpable, tout simplement parce qu’on ressent un fort attachement à des valeurs ancestrales.

Qui est ce chien mapuche ?

Afmau est un chien berger allemand. Il raconte sa vie de chien contraint par une troupe d’hommes violents, irrespectueux des êtres vivants, de la vie, qui s’affairent à de sales besognes. Et leur mission va se révéler dangereuse pour Afmau.

Il s’agit ni plus ni moins de traquer un jeune indien dans les montagnes du sud de l’Amérique. Or, Afmau a senti son odeur. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas reniflé ces senteurs de bois secs, de farine et de pomme. Il précise que ces odeurs représentent tout ce qu’il a perdu, c’est-à-dire dans sa vie antérieure au pays des Mapuches

Le baromètre émotionnel est bien là, je suis touchée. Je m’imagine le foyer aimant qui l’accueillait. En même temps, je suis touchée par les odeurs simples dont parle Afmau. Elles sont mises en opposition avec l’odeur acide de la peur qui émane de la troupe de poursuivants.

Les Mapuches sont le peuple auprès duquel vivait Afmau. Ils communiquent avec les éléments de la nature, sont en communion avec eux. Chaque être compte pour eux, et bien évidemment l’air, la terre, le soleil... La relation humain/animal est sublimée au travers du lien Afmau et Aukaman, l’indien qui est maintenant poursuivi !

On navigue en alternance entre le présent, la traque et le passé apaisé du peuple mapuche.

Chez les Mapuches (les Gens de la Terre littéralement), Wenchulaf le grand-père de Aukaman est celui qui raconte les histoires de son peuple à travers leur mythologie et leur histoire ancestrale.

Afmau était un jeune chiot quand il est tombé d’un sac de laine au cours d’un périple en montagne. Le froid glacial ne lui aurait laissé aucune chance si un jaguar ne l’avait pas recueilli et nourri. Une fois rétabli, le jaguar va le déposer dans le village mapuche au seuil de la maison où vit la famille de Aukaman, alors bébé. Ils seront élevés ensemble.

Un jour, des hommes venus de loin viennent pour ravir les terres mapuches. Wenchulaf s’oppose et perd la vie. Les hommes emmènent Afmau pour l’asservir.

Des années s’écoulent, Aukaman est devenu un homme et le chien se souvient de l’odeur de tout ce qu’il a perdu. Ce souvenir lié à la perte des odeurs revient comme un mantra et un appel spirituel tout au long du roman.

Aukaman se rebelle alors contre les envahisseurs qui ont pris les biens de son peuple et leurs oppresseurs prennent peur. Ils le retrouvent et décident de le tuer, mais Afmau aboie et fait dévier le tir lors de la confrontation. Aukaman est blessé à la jambe et s’enfuit dans la montagne.

La traque commence et les hommes se servent d’Afmau pour le retrouver. C’était donc le point de départ du roman.

Le chien brouillera alors les pistes et se libérera pour retrouver son frère humain. Le jeune homme, heureux de revoir son frère de lait est néanmoins blessé par balle à la jambe. Le flair du chien à la vue de la blessure d’aukaman, le pousse à revenir au camp pour soigner son ami.

Afmau trouve la boîte à pharmacie dans le campement au moment où l’équipe revient. Un coup de feu part et blesse le chien. Afmau s’enfuit avec la boîte à pharmacie et la ramène à Aukaman lors d’une course de la dernière chance.

C’est un dernier geste d’amour entre eux, l’ultime, puisque Afmau meurt peu après de sa blessure. Une vie pour une mort… Ainsi s’achève l’histoire du chien mapuche nommé Afmau (en mapudungun) ou Loyal.

3 points essentiels du récit Histoire d'un chien mapuche

Ce roman qui relève plus du conte est un plaidoyer pour la cause animale de manière indirecte. Sepulveda met en avant l’intelligence et les émotions du chien, ainsi que sa capacité à élaborer une stratégie. Il est le compagnon fidèle et ami pour la vie.

Luis Sepulveda nous donne une leçon d’écologie et de respect aussi, un cri en faveur de tous les êtres vivants.

Enfin, c’est le récit du combat pour la liberté d’un peuple, ses valeurs, sa culture.

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Carole Bessiere
Rédactrice de contenus web, autrice de fiction, community manager, relectrice et correctrice.
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