Poésie engagée, série de poèmes courts

Poèmes en cascade
Poèmes en cascade, sonorités de mots, structure inversée

La poésie… Tout est poétique pourvu qu’on ait le regard et les sens aiguisés. Moi qui invoque la paréidolie si souvent (illusion d’optique survenant quand quelqu’un regarde un élément qu’il assimile à un objet ou une forme humaine), je rattache les mots à des univers visuels facilement. Est-ce une démarche artistique déjà ? Sans doute.

J’ai récemment écrit une série de poèmes courts, en créant des minis univers. Puis j’ai relu le premier poème pour voir quel sens s’y cachait au-delà de l’impulsivité d’écrire. Il y en avait un, voire plusieurs. Cela est dû au fait que mon poème est construit sur une forme inversée. J’ai poursuivi jusqu’à produire plus de 15 petites compositions littéraires. Je les ai nommées Poèmes en cascade.

Poèmes en cascade

J’ai spontanément écrit le poème suivant récemment :

Jour 1 :

Elle est sombre ma douleur,

À l’ombre d’la couleur.

Vont les peurs.

Vont les peurs,

À l’ombre des saules.

Sombres destins.

 

Je ne savais pas pourquoi je nommais ce poème Jour 1, mais visiblement j’avais l’idée d’une série en tête ! Cela relève de l’écriture automatique.

Cette envie de composer avec ces mots est venue de manière irréfléchie du plus profond de mon inconscient, mêlée d’une perception personnelle et de l’influence des actualités sociales et politiques du moment.

J’ai lu ces 6 lignes et ces quelques mots, sobres et symboliques. Et toujours, je visualise comme un tableau. Cela se passe entre mes doigts qui grattent le papier et mon cortex d’autrice. Une liaison immatérielle mais logique s’y noue.

Je joue sur la sonorité du mot « ombre » dans la première strophe. La structure s’inverse après 3 vers dans un effet miroir. Ainsi, un début de phrase se répète et relance le processus. Les deux parties du poème abordent deux sujets qui sont liés. Les sonorités, elles aussi, se font écho.

Poème en cascade, jour 5

La portée en est universelle. Les mots « ombres », « sombres » reviennent dans toutes les structures. Ces mots amènent de la noirceur, de la gravité. Le verbe conjugué « Vont.. » amène le mouvement vers le chaos ou la fin d’une action. Il est alors difficile d’échapper à la lucidité qui se dégage des poèmes en cascade. Ces poèmes sont des minis films, des scènes prises sur le vif, des souvenirs, des actes intemporels parfois, des rêveries hallucinées voire des émotions liées aux flashs d’actualité.

Les thèmes de mes poèmes en cascade

J’aborde beaucoup de thèmes dans cette série d’écrits.

  • la douleur ,
  • la guerre intérieure ou entre plusieurs parties,
  • la folie,
  • la colère,
  • la mémoire,
  • le cycle jour/nuit,
  • les querelles,
  • le climat,
  • Les tempêtes météorologiques,
  • les doutes,
  • les trains de la mort,
  • les migrants,
  • l’agriculture,
  • le pouvoir,
  • l’égoïsme,
  • la sécheresse,
  • la dictature.
Poème en cascade, l'exil

Un poème, un écrit seul, ou une mise en scène ?

Puis vint le moment de finir cette série de poèmes. Pourquoi ?

  • Par manque d’idées,

  • pour éviter d’user des lecteurs et lectrices,

  • pour éviter ma propre lassitude et ne pas me forcer à écrire…

 

Cette série de poèmes est-elle finie ? Pourquoi se fixer ce cadre-là d’ailleurs en tant qu’autrice ? J’envisage la poésie comme un moyen d’expression qui se soustrait à certaines contraintes que l’on peut retrouver dans l’écriture pour le web, la presse, d’autres genres littéraires… C’est la spontanéité qui m’a guidée dans l’écriture de ces poèmes courts en cascade. Et la spontanéité est éphémère.

 

Vous aimez ces poèmes ? Vous écrivez aussi de la poésie ? Laissez donc un commentaire pour m’en parler.

Je suis ici :
Carole Bessiere
Rédactrice de contenus web, autrice de fiction, community manager, relectrice et correctrice.