L’Amérique verte ou la naissance de l’écologie aux États-Unis

L'Amérique verte de Thierry Paquot
L'Amérique verte de Thierry Paquot

À travers des portraits et parcours d’hommes et de femmes , Thierry Paquot, spécialiste de l’urbanisation et de l’écologie, présente les précurseurs de l’écologie aux États-Unis aux XIXe siècle.

Cet essai est facile à lire, pas besoin d’avoir un niveau universitaire. J’ai été captivée par les parcours atypiques, la curiosité intellectuelle et l’esprit de pionnier de ces personnalités défenseurs de la nature. Force est de constater qu’ils étaient visionnaires et alertaient déjà sur la déforestation, le réchauffement climatique, l’urbanisation à outrance…

J’ai remarqué que ces hommes et quelques femmes (Margaret Fuller) se retrouvaient souvent dans des convictions telles que l’abolitionnisme, le féminisme, et toujours ayant à cœur des idées progressistes, une démarche intellectuelle (lire les autres penseurs), en tirer des conclusions, collaborer, produire des écrits pour instruire, diffuser leurs idées nouvelles, construire une éthique de l’écologie. Certains d’entre eux sont qualifiés d’influenceurs par Thierry Paquot dans le chapitre 4 La santé de la Terre.

Je connaissais partiellement Henry David Thoreau. Ils sont bien plus nombreux dans cette galerie de portraits très détaillés. On s’attache à leur parcours dès leur naissance et contexte familial, jusqu’à leur fin de vie. À noter qu’ils et elles n’ont jamais cessé d’œuvrer pour leurs convictions tout au long de leur vie. Souvent touche-à-tout, toujours curieux, voyageurs, lecteurs, jamais vénaux mais toujours défenseur d’un patrimoine commun.

Les portraits des militants écologistes américains du XIXe siècle

Je retiens particulièrement Andrew Jackson Downing (autodidacte, architecte, pépiniériste, créateur d’une bibliothèque municipale, auteur). Il défend notamment la notion de ville-paysage.

John Muir, un écossais dont la famille a fui la misère pour s’installer dans le Wisconsin. Il a connu l’école puis l’apprentissage dans la ferme familiale, l’université ensuite, les voyages (Europe, Asie, Australie, Amérique centrale, Afrique)… C’est un naturaliste, découvreur de 65 glaciers, pépiniériste et vigneron grâce à la propriété de sa femme. Il contribue à la création de parcs ou réserves naturelles. Il est tout simplement un expert et un consultant que l’on s’arrache partout dans le monde.

Page 95 : « Sa relation à la nature est charnelle, sensorielle, entière. »

Patrick Geddes (1852-1932) est un véritable couteau suisse ! Il est écossais et francophile. Il s’est formé à la menuiserie, aux beaux-arts, à la chimie, à la géologie, à la botanique. Il est auteur aussi. Ses voyages l’ont nourri. (Inde notamment).Il sera professeur, conférencier, précurseur dans le milieu de l’éducation.

Il initie des sortes d’universités populaires.

Il crée une association internationale pour la recherche des sciences, art, éducation.

Il se mêle de la création de logements étudiants, mixtes en colocations.

Il a crée le Collège des écossais à Montpellier.

Il fera l’école à la maison pour ses enfants et autres. Il admire Montessori. Sa devise pour l’apprentissage : 3 H (heart, hand, head).

Il est aussi créateur de plans de villes et à ce titre on lui doit l’invention du terme conurbation (ville au-delà de son périmètre).

Son credo : nature et culture, relier ville et campagne, la vulgarisation, la transversalité des savoirs.

Les pionniers de l’éthique environnementale américaine au XIXe siècle

Le dernier chapitre La santé de la Terre de l’essai L’Amérique verte met en avant quelques pionniers de l’éthique environnementale. Georges Perkins Marsh a effectué mille métiers sans réussir au sens monétaire du terme. Il est tout de même avant tout traducteur et ambassadeur. On peut le qualifier de visionnaire.

Mieux vaut préserver que réparer, réparer que restaurer, restaurer que reconstruire.

Aldo Léopold est fermier, forestier, naturaliste, universitaire. Son credo : la préservation de territoires au sien d’entités. Son livre fondateur de l’écologie : Sand County Almanach. À noter celui de Rachel Spring : Le printemps silencieux, un incontournable dans ce mouvement fondateur de l’écologie.

Benton MacKaye

Il conçoit la Appalachian trail, un sentier de 3510 km. Il milite pour replanter des forêts.

Il entre au ministère du Travail et crée des emplois liés à la valorisation des ressources naturelles. Il contribue à protéger 110 millions d’acres dans des zones naturelles.

Lewis Mumford

Son intérêt se porte sur la nature même quand elle est en ville. Il est influencé par Patrick Geddes. Il est reconnu pour ses connaissances environnementales de la société technicienne et urbaine. Il est au carrefour de ce courant écologique.

Quelques notions abordées dans l’essai L’Amérique verte

Voici quelques termes que j’ai découverts dans ce livre :

  • Wilderness (nature sans l’homme, nature sauvage d’avant l’humanité).
  • In media res p. 82 : placer le lecteur ou spectateur directement au milieu de l’action pour revenir à ce qui a précédé).
  • Biorégionnalisme p.180 : “En bref, la cité régionale est une vaste orchestration de modes de vie variés (urbain, campagnard et primitif), à l’opposé de la cacophonie ennuyeuse que représente la vie uniformisée des métropoles modernes.”
  • Climacique, p.117 : adjectif en écologie biologique. Qui qualifie une association de plusieurs végétaux au stade final de son évolution.

 

Bibliographie de L’Amérique verte

Je voudrais terminer par la bibliographie de cet essai, L’Amérique verte, portraits d’amoureux de la nature. Elle est très fournie ! 

Elle est intitulée Promenade bibliographique. Elle court de la page 201 à 244 ! Généraliste tout d’abord, elle détaille des ressources par chapitre et personnalités.  Les livres cités sont en langue anglaise ou française.

À noter des entrés dans Le grand dictionnaire universel du XIXe siècle de Larousse. 

La conclusion du livre Le combat continue a sa bibliographie aussi qui aborde l’écoféminisme et développe la notion de biorégionalisme.

Je suis ici :
Rédactrice de contenus web, autrice de fiction, community manager, relectrice et correctrice.