POÉSIE EN VRAC

Je rêve de toi

Je rêve de toi ce matin,

si peu, si loin.

Je me souviens d’un orteil noble,

aussi noble que le drap

sur lequel il reposait.

Noble comme peut l’être

une statue de marbre,

noble comme le pied d’un illustre inconnu,

immortalisé à jamais sur la toile.

Je rêve de toi ce midi,

aussi bien, aussi fort.

Je me souviens d’un souffle long,

aussi long que le vol de l’hirondelle

planant dans le ciel.

Long comme l’attente

et la promesse que tu m’as faite,

long comme le souvenir

de toi entre deux rêves étourdis.

Je rêve de toi ce soir,

malgré moi, malgré tout.

Je me souviens d’un mot bref,

aussi bref que la vie d’une illusion,

à peine formulée.

Bref comme la demi-mesure

entre deux notes reprises à la volée,

bref comme un soupir aux accents noirs,

perdu dans la partition.

©CaroleBessiere

Tous droits réservés.

Je veux un bol de mots

Je veux un bol de mots

comme d’autres prennent un bol d’air.

Aérer mes pensées, faire une place aux idées,

saupoudrer d’adjectifs qualificatifs, transitions…

Halte-là, on ne franchit pas les points.

Ce ne sont pas des sommations, exclamations.

Ne cavalez pas après les strophes,

les adverbes veillent à votre souffle !

Respirez, sautez la virgule,

enjambez les verbes et tournez la page.

Quoi, elle est blanche !

Qui est l’irresponsable qui m’a privée de ma tasse à palabres ?

Soupe aux points, je cours après 3 gais lurons.

Je vois déraper l’encre sèche.

Que faire des mots qui se bousculent vers le lobe frontal,

dévalent mes doigts et demeurent stériles face à la page blanche ?

La faute à qui, point d’interrogation ?

Au crayon à la mine cassée,

au stylo, sec de son encre noire,

au feutre factice, un jouet ?

Oui jouet je suis, de cette matinée.

Pas de bol de mots, pas de nourriture spirituelle.

Me coucher ? Vous n’y pensez pas !

Du pouce, je déclenche la touche.

De ma voix posée, je raccorde les palabres et

les idées, marque les espaces, souffle saccadé.

J’y arrive, à boucler mes pensées.

C’est une course, une bobine littéraire.

Je suis le fil d’ Ariane qui me montre la sortie du labyrinthe.

Fin de l’énigme, chaos maîtrisé : point de chute.

©CaroleBessiere

Tous droits réservés.

Le vent écrit le secret

Frémis comme le vent,

chante comme le grillon,

coule comme la source.

 

Écoute les songes

de la nature ancestrale.

Elle savait avant nous.

 

Le vent écrit le secret,

le grillon te l’apporte,

la source te le dicte.

 

©CaroleBessiere2020

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